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Métavers médical, un nouvel univers à explorer

8 min de lecture

Popularisé par Mark Zuckerberg, lorsqu’il décide de rebaptiser son empire Meta, le concept de métavers s’invite depuis dans tous les débats. Pour autant, sait-on réellement ce qui se cache derrière ce terme à la définition abstraite ? Entre jeux vidéo pour les uns et expérimentations avant-gardistes pour les autres, ce que l’on nous présente comme le futur de l’internet ressemble, pour l’heure, à un monde en construction, dans lequel le secteur médical fait figure de précurseur. Alors, que peut-on attendre de cet univers parallèle et de ses applications en santé ? Plongée dans ce nouveau territoire virtuel.

Métavers, la germination d’une idée folle 

Star de la scène médiatique depuis quelques mois, la notion de métavers est pourtant bien plus vieille qu’elle n’y paraît. En effet, c’est en 1992, dans un roman de science-fiction, qu’apparaît le terme pour la première fois. Contraction de Meta – aller de l’avant en grec ancien – et de universe – univers en anglais, le concept symbolise un nouveau monde, où cohabitent réalité physique augmentée et espaces totalement digitalisés. L’idée se concrétise, aujourd’hui, essentiellement par la duplication de notre monde réel, délesté de ses contraintes et limites grâce au virtuel.

En ligne de fond, l’usage intensif de technologies de pointe, interconnectées et particulièrement immersives, telles que la réalité virtuelle, augmentée ou encore mixte. À ce mix digital s’ajoute évidemment la dématérialisation de l’humain, incarné par ses avatars (représentation graphique de sa propre identité numérique), riche en données personnelles semi-publiques.  Si tout un chacun peut explorer le métavers à sa guise, celui-ci permet également de se mettre virtuellement en action, par exemple, en se munissant d’un casque VR, permettant de plonger dans une réalité reconstituée.

Enfin, ultime composante non négociable  de cette innovation : un modèle économique conjuguant création de valeur et scalabilité (c’est-à-dire la capacité d’un système à s’adapter rapidement à un changement de dimension), alimenté par une monnaie virtuelle. La monnaie telle que nous l’utilisons au quotidien n’existe pas. Ici, tout passe par la blockchain[1], cryptomonnaies[2] et NFT [3], chacun ayant valeur d’échange dans ce monde digital.

Vous l’aurez compris, derrière le terme de métavers, c’est véritablement la promesse d’un nouveau monde aussi immobile que multisensoriel qui s’ébauche. Alors, quelle place donner à la préservation du vivant dans cet univers virtuel ? Comment faire de ce territoire celui du progrès médical et de la démocratisation du soin ?

Métavers médical, vers une révolution du soin

Si l’essentiel reste encore à inventer, le secteur de la santé compte parmi les plus avancés sur le sujet, tant les perspectives sont nombreuses. États-Unis, Corée, Espagne, France, Afrique du Sud, Émirats Arabes Unis… Aux quatre coins du monde, les initiatives se multiplient pour imaginer la médecine de demain et les technologies qui la soutiennent. Porté tout autant par d’ambitieuses start-up MedTech, que par des grands groupes en recherche d’un nouveau souffle, le marché se structure doucement mais sûrement.

Estimé à plus de 5 milliards de dollars en 2021, le métavers médical devrait atteindre les 71,2 milliards de dollars d’ici 2030, selon le dernier rapport d’InsightAce Analytic. Derrière ces montants faramineux : un enjeu, l’ambition de révolutionner la médecine et son économie.

Ainsi, en février 2022, CVS Health, groupement de pharmacies, se positionne comme la première entreprise privée à s’enquérir du droit de commercialiser, dans le métavers, médicaments sur ordonnance et soins thérapeutiques. Dès l’automne, l’Espagne dévoilera le premier hôpital exclusivement virtuel. De son côté, 8chili, la première plateforme éducative en Réalité Virtuelle dédiée aux professionnels de santé du métavers, monétise déjà une solution permettant de se « téléporter virtuellement » au sein d’un bloc opératoire tridimensionnel, à des fins d’apprentissage.

Derrière ces exemples, pas si anecdotiques, ces premiers pas dans le métavers médical esquissent le portrait d’une pratique profondément métamorphosée, tant dans ses outils que son relationnel.  

Métavers médical, un futur pas si lointain

Comme souvent lorsqu’il s’agit de Tech, les applications pratiques se fondent sur ce que l’on nomme des cas d’usage. Le métavers médical ne fait pas exception. Parmi les diverses expérimentations en cours, on distingue aujourd’hui trois chantiers d’applications prioritaires.

Formation, des médecins sans frontières

En test depuis quelques années déjà, de nouvelles méthodes d’apprentissages, empreintes de réalité virtuelle et augmentée, permettent aux soignants de s’immerger dans un environnement modélisé afin de se former, voire se perfectionner sur la maîtrise de certains actes médicaux. Ainsi, par le biais de logiciel dédié, un étudiant en médecine, basé à l’autre bout du monde, peut s’essayer à la microchirurgie sous le regard attentif de son mentor, diplômé, exerçant en France.

Point fort de ce monde parallèle, sa capacité à isoler le réel et à le démultiplier. Grâce à ces parcours d’apprentissage dématérialisés, il devient possible à tout un chacun, indépendamment de ses moyens notamment, d’appréhender l’intégralité des scénarios de soins, sur la base du partage de connaissances, avec une efficacité jugée supérieure à l’exercice de ces mêmes gestes sur un corps réel. À cela, s’ajoute une décomplexification des usages, puisque dans la virtualité, les contraintes hygiéniques comme spatio-temporelles, sont gommées au profit d’un environnement idéal.

Parcours de soins, seul mais ensemble

Autre changement en cours, celui du parcours patient. Porté par le développement massif de la téléconsultation, le métavers entend pousser encore plus loin la dématérialisation de la relation et des interactions. Ainsi, dans ce territoire virtuel, le patient comme le praticien sont libérés de toutes contraintes matérielles, à commencer par le transport vers des unités de soins dédiées. Loin des déserts médicaux, la clinique virtuelle offre aux patients tout un panel de thérapies facilement accessibles. L’avènement du métavers en santé pourrait ouvrir de nombreuses possibilités pour l’ensemble des acteurs du parcours de soins

Particulièrement adapté, le champ de la santé mentale offre des solutions innovantes pour traiter, à distance et à l’aide de casques VR ou de thérapies de groupe, des pathologies telles que les phobies, le stress, la dépendance, les troubles alimentaires ou encore les psychoses. De même, au travers de la gamification ou de l’immersion dans un espace médical virtuel en 3D, le métavers propose un cadre efficace pour soulager la douleur ou encore favoriser la rééducation, mentale comme physique. À ce jour, la prise en charge du diabète de type 2 est également l’un des sujets les plus avancés. L’objectif est, notamment, de permettre au patient une meilleure appropriation de sa pathologie et la mise en place de routines salvatrices.

Chirurgie, du scalpel à la souris

Si les chirurgiens utilisent déjà la technologie depuis de nombreuses années, le métavers ouvre là encore de nouvelles options prometteuses. Outre la collaboration, au sein d’un bloc opératoire virtuel, de plusieurs experts géographiquement distants, le métavers s’appuie également sur le concept de jumeau numérique pour mener des expérimentations, en conditions réelles, sans malmener de patient.

Utilisé comme cobaye virtuel, celui-ci offre une voie d’accélération pour mener des études complexes, éprouver de nouveaux protocoles ou tout simplement simuler des actes pointus sur de la matière en 3D. Enfin, pratiquer une opération chirurgicale directement dans le métavers, c’est aussi s’offrir l’opportunité d’explorer le corps humain avec un niveau de détails rarement atteint.

Plus qu’un simple élan médiatique, le métavers médical semble regorger d’opportunités pour repenser la médecine moderne à l’aune de la technologie. Toutefois, pour l’heure, de nombreuses questions restent en suspens quant à ses limites, tant éthiques, économiques (coûts) que techniques, ainsi que son adoption par les professionnels de santé, tout autant que les patients.

Lexique
Blockchain : Il s’agit d’un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont également tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie.
Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique. 
Site : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application
(Consulté le 22/10/2022)    

Cryptomonnaie : Les « cryptomonnaies », plutôt appelées « crypto-actifs », sont des actifs numériques virtuels qui reposent sur la technologie de la blockchain (chaîne de blocs) à travers un registre décentralisé et un protocole informatique crypté. Un crypto-actif n’est pas une monnaie. Sa valeur se détermine uniquement en fonction de l’offre et de la demande.
Autorité des Marchés Financiers
Site : https://www.amf-france.org/fr/quest-ce-quune-cryptomonnaie
(Consulté le 22/10/2022)  

NFT : L’appellation NFT est un acronyme de l’anglais « non-fungible Token », soit en français un « jeton non fongible ». L’adjectif « fongible » est un terme économique et juridique qui désigne la capacité d’un actif à être échangé contre un autre actif de même valeur.
Journal Les Echos
Site : https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/nft-metavers-quatre-definitions-pour-comprendre-ce-nouveau-monde-1378207
(Consulté le 22/10/2022)

SOURCES

(1) Définition de la Blockchain : Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie.
Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique. 
Site : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application
(Consulté le 22/10/2022)

(2) Définition de Cryptomonnaie : Les « cryptomonnaies », plutôt appelés « crypto-actifs », sont des actifs numériques virtuels qui reposent sur la technologie de la blockchain (chaîne de blocs) à travers un registre décentralisé et un protocole informatique crypté. Un crypto-actif n’est pas une monnaie. Sa valeur se détermine uniquement en fonction de l’offre et de la demande.
Autorité des Marchés Financiers
Site : https://www.amf-france.org/fr/quest-ce-quune-cryptomonnaie
(Consulté le 22/10/2022)

(3) Définition de NFT : L’appellation NFT est un acronyme de l’anglais « non-fungible Token », soit en français un « jeton non fongible ». L’adjectif « fongible » est un terme économique et juridique qui désigne la capacité d’un actif à être échangé contre un autre actif de même valeur.
Journal Les Echos
Site : https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/nft-metavers-quatre-definitions-pour-comprendre-ce-nouveau-monde-1378207
(Consulté le 22/10/2022)

(4) Rapport Insight Ace Analytics, Métaverse mondial sur le marché des soins de santé. Disponible sur :   https://www.insightaceanalytic.com/report/global-metaverse-in-healthcare-market-/1226 Consulté le 08/11/2022

Forbes. The amazing possibilities of healthcare in the metaverse. Disponible sur : https://www.forbes.com/sites/bernardmarr/2022/02/23/the-amazing-possibilities-of-healthcare-in-the-metaverse/?sh=209739179e5c Consulté le 08/11/2022

(5) Définition de la Blockchain : Une blockchain est un registre, une grande base de données qui a la particularité d’être partagée simultanément avec tous ses utilisateurs, tous également détenteurs de ce registre, et qui ont tous la capacité d’y inscrire des données, selon des règles spécifiques fixées par un protocole informatique très bien sécurisé grâce à la cryptographie.
Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique. 
Site : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/blockchain-definition-avantage-utilisation-application
(Consulté le 22/10/2022)

(6) Définition de Cryptomonnaie : Les « cryptomonnaies », plutôt appelés « crypto-actifs », sont des actifs numériques virtuels qui reposent sur la technologie de la blockchain (chaîne de blocs) à travers un registre décentralisé et un protocole informatique crypté. Un crypto-actif n’est pas une monnaie. Sa valeur se détermine uniquement en fonction de l’offre et de la demande.
Autorité des Marchés Financiers
Site : https://www.amf-france.org/fr/quest-ce-quune-cryptomonnaie
(Consulté le 22/10/2022)

(7) Définition de NFT : L’appellation NFT est un acronyme de l’anglais « non-fungible Token », soit en français un « jeton non fongible ». L’adjectif « fongible » est un terme économique et juridique qui désigne la capacité d’un actif à être échangé contre un autre actif de même valeur.
Journal Les Echos
Site : https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/nft-metavers-quatre-definitions-pour-comprendre-ce-nouveau-monde-1378207
(Consulté le 22/10/2022)