Le conseil au patient diabétique de type 2 sur le risque et la gestion de l’hypoglycémie

20/08/2021

Chez un diabétique, l’hypoglycémie est sévère en elle-même car elle peut entraîner des lésions neurologiques. De plus, elle a des conséquences redoutables si elle survient alors que le sujet conduit une voiture ou une machine, ou qu’il est sur un lieu dangereux pour qui perd l’équilibre ou la conscience : route (à bicyclette, à vélomoteur ou à moto), plan d’eau (baignade, planche à voile, surf), en hauteur (équitation, alpinisme, escalade, télésiège, toit…). Or, peu de patients le réalisent, et la moitié des conducteurs diabétiques sont mal informés sur ces risques, selon une enquête de l’Institut BVA menée en 2015.

Le conseil pourrait être celui-ci : « Vos capacités de concentration et vos réflexes peuvent être diminués en cas d’hypoglycémie. Il faut l’anticiper chaque fois que vous pouvez mettre en danger votre vie ou celles d’autres personnes. Interrogez votre médecin ou votre infirmière sur vos capacités à conduire, surtout si vous avez de fréquents épisodes d’hypoglycémie, ou si vous ne sentez pas ou peu de symptômes annonciateurs ». C’est aussi l’occasion de mettre en garde contre des facteurs favorisants : suppression d’un repas, exercice physique inhabituel, prise de boissons alcoolisées.

L’hypoglycémie peut survenir avec les sulfamides hypoglycémiants, les glinides et surtout l’insuline (rarement avec les autres ADO). Le risque est lié à une posologie non adaptée, à une diminution des apports glucidiques (jeûne) ou à une augmentation des dépenses énergétiques (exercice physique important) sans ajustement du traitement.
Les hypoglycémies sous sulfamides hypoglycémiants s’observent plutôt en fin d’après-midi et la nuit. Pour les insulines, tout dépend de leur profil d’action. Les insulines en stylo injecteur doivent être remuées avant l’injection pour homogénéiser la suspension et réduire la variabilité pharmacocinétique.
Il est aussi important de vérifier si le patient prend d’autres traitements pouvant avoir un effet additionnel (IEC, bêta-bloquants, antiarythmiques par exemple). Enfin, certaines pathologies augmentent aussi le risque : insuffisance rénale ou hépatique, maladies auto-immunes.

Somnolence, troubles visuels, tremblements, palpitations, sueurs, picotements des lèvres, sensation de faim, de malaise ou de froid, fatigue, confusion, vertiges, anxiété, agitation, euphorie… Nombreux, et variables d’un patient à l’autre, sont les signes annonciateurs d’une crise d’hypoglycémie. La nuit aussi : sueurs, sommeil agité, cauchemars, réveils, céphalées au réveil.
Pour la conduite, des conseils simples sont délivrés :
. Avant de prendre le volant : éviter de faire une injection d’insuline rapide, prévenir l’hypoglycémie par une petite collation, contrôler sa glycémie et ne prendre le volant que si elle est supérieure à 1 g/l, emporter de quoi se resucrer rapidement : biscuits, morceaux de sucre, boisson sucrée.
. Au volant : avoir toujours un lecteur de glycémie à portée de main et de quoi se resucrer, contrôler sa glycémie toutes les 2 heures en cas de traitement hypoglycémiant. Au moindre doute, s’arrêter dans un lieu sécurisé pour un resucrage si nécessaire (selon le poids : 3 ou 4 morceaux de sucre, 3 ou 4 biscuits ou un verre de jus de fruits ou de soda non light). Sans amélioration au bout de 10 minutes, faire une glycémie capillaire ; si celle-ci est inférieure à 0,40 g/l recommencer le sucrage, sans excès. Prendre ensuite des sucres complexes : pain, biscottes, banane…
Enfin, il est recommandé au patient d’avertir son entourage proche pour que chacun puisse intervenir si nécessaire.

Véronique Canac

Agence Française de sécurité sanitaire et des produits de santé. Bon usage. Mise au point. Médicaments et conduite automobile. Mars 2009 (ansm.sante.fr)

Bessereau J et coll. Hypoglycémie. Urgences 2011 ; 35 : 367 – 377.

Enquête de l’institut BVA pour l’Association Prévention Routière et le laboratoire pharmaceutique MSD France réalisée du 29 mai au 8 juin 2015 auprès de 236 automobilistes ayant un diabète de type 2.

Haute Autorité de Santé. Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé. Prévention et dépistage du diabète de type 2 et des maladies liées au diabète. Octobre 2014.

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