Le conseil nutritionnel à l’officine pour les patients ayant un diabète de type 2

20/08/2021

Tout patient ayant un diabète de type 2 doit équilibrer son alimentation pour contrôler sa glycémie et prévenir les complications de la maladie. La diététique est la base du traitement du diabète de type 2. Son efficacité est maximale au début du diabète, mais elle reste nécessaire tout au long de la maladie.

De plus, 40 % des diabétiques de type 2 ont un surpoids (25 ≥ IMC < 30 kg/m2) et 41 % une obésité (IMC ≥ 30 kg/m²), selon l’étude française ENTRED (Invs 2012). Or, le diabète de type 2 ainsi que le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque cardiovasculaire indépendants. De plus, le surpoids et l’obésité compliquent le traitement du diabète car ils augmentent l’insulinorésistance et l’hyperglycémie. C’est un bon argument en officine pour aider le patient à évaluer sa corpulence et à améliorer son équilibre alimentaire. Pour rappel, l’indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant le poids par le carré de la taille (kg/m²). Un IMC normal est compris entre 18,5 et 24,9 kg/m². Au-dessus de 25 kg/m², c’est un surpoids. A partir de 30 kg/m², on parle d’obésité.

Les pharmaciens d’officine ont des atouts majeurs pour jouer ce rôle : proximité et accessibilité, connaissance du patient diabétique (contexte familial, conditions de vie, Dossier pharmaceutique), crédibilité comme professionnel de santé spécialiste du médicament. Les principaux obstacles sont le manque de temps, la nécessité d’un espace de confidentialité, la méconnaissance du champ d’action des pharmaciens par les patients et le manque de rémunération spécifique.

Si l’alimentation ne semble ni excessive ni déséquilibrée bien que le patient soit en surpoids et garde une glycémie élevée, il faut l’encourager à consulter un endocrino-diabétologue. Dans le cas où certains aliments sont consommés en excès (beurre, pain, pizzas, biscuits, boissons sucrées…), on conseillera de diversifier l’alimentation en mangeant de tout, sans éliminer les aliments préférés, mais en les consommant avec modération.

Pour les diabétiques ayant une alimentation très déséquilibrée, il faut améliorer ces apport aux plans quantitatif et qualitatif. Ceci commence dès que l’on fait ses courses et au restaurant. Si le patient a une alimentation globalement hypercalorique, on l’encourage à augmenter la part des légumes et des fruits tout en réduisant raisonnablement la taille des portions de graisses (beurre, fritures, frites, chips, fromages gras, viandes grasses, charcuterie) et de sucres (jus de fruits, sodas, boissons énergisantes, boissons alcoolisées, pâtisseries, glaces, viennoiseries, confiseries, confitures, miel).

Globalement, il faut faire 3 repas par jour, en prenant le temps, assis à table, sans sauter de repas, et en évitant le grignotage. Le contenu de l’assiette doit être équilibré : la moitié comportant des légumes, un quart des féculents, et un quart de la viande ou du poisson. Le site internet de la Fédération française des diabétiques propose des conseils et des recettes pour toutes les saisons (www.afd.asso.fr). Au petit déjeuner, un produit laitier sera accompagné de produits céréaliers riches en glucides complexes et en fibres (pain complet, de campagne, aux céréales, pain bis, flocons d’avoine, biscottes). Les glucides complexes sont indispensables pour leur effet sur le rassasiement (pain, céréales, pâtes, riz, féculents).
Pour le suivi à long terme, en cas de baisse de la motivation, on peut proposer un suivi par un diététicien, des conseils d’activité physique, et le recours, par exemple, aux ateliers santé-ville pour soutenir la motivation. En cas de troubles du comportement alimentaire de type compulsions, une prise en charge psychologique ou psychothérapique est recommandée. Enfin, certains patients bénéficieront d’un programme d’éducation thérapeutique, ou encore d’une prise en charge sociale.

Véronique Canac

INVS. Echantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques, Entred 2007-2010. Caractéristiques, état de santé, prise en charge et poids économique des personnes diabétiques. Novembre 2012.
Haute Autorité de Santé. Les Parcours de Soins. Service des maladies chroniques et des dispositifs d’accompagnement des malades. Actes et Prestations – ALD N° 8 « Diabète de type 1 et diabète de type 2 ». Actualisation Mars 2014.
Haute Autorité de Santé. Les Parcours de Soins. Service maladies chroniques et dispositifs d’accompagnement des malades. Guide Parcours de soins. Diabète de type 2 de l’adulte. Mars 2014.
Société Francophone du Diabète paramédical, Association française des diététiciens nutritionnistes. Nutrition, alimentation, comportement alimentaire, éducation thérapeutique, évaluation des pratiques Diabète de type 2. Médecine des Maladies Métaboliques. Vol. 8. Hors-Série 1. Mars 2014.
Haute Autorité de Santé. Service des bonnes pratiques professionnelles. Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours. Septembre 2011.

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