Le tabagisme chez les patients ayant un diabète de type 2

20/08/2021

Une personne est considérée comme tabagique chronique si elle fume au moins une cigarette par jour. Le diabétique fumeur cumule les risques liés au tabac (BPCO, cancers, maladies cardiovasculaires, infections…) et au diabète, notamment les complications micro- et macroangiopathiques. Les complications microangiopathiques sont la rétinopathie avec risque de cécité, et la néphropathie diabétique avec risque d’insuffisance rénale. Les complications macroangiopathiques touchent d’abord le cœur (insuffisance coronarienne, infarctus du myocarde), les vaisseaux (artériopathie oblitérante des membres inférieurs) et le cerveau (accident vasculaire cérébral). Soulignons que l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral sont responsables de plus de la moitié des décès des personnes diabétiques. Enfin, le tabagisme diminue l’efficacité de certains médicaments antidiabétiques et antihypertenseurs.

La Haute Autorité de Santé (HAS) soulignait en 2014 que les professionnels de santé se devaient de dépister et conseiller l’arrêt du tabac de façon systématique. On peut évaluer la dépendance au tabac en officine en posant quelques questions : « Fumez-vous tous les jours ? Depuis combien de temps ? Avez-vous déjà tenté de diminuer ou d’arrêter de fumer ? »… Il n’est jamais trop tard : arrêter de fumer augmente la longévité, et réduit le développement des maladies cardio-vasculaires et des cancers. Or, pour plus de 9 fumeurs sur 10, la volonté ne suffit pas pour arrêter. C’est pourquoi la HAS encourage l’accompagnement du fumeur par un ou plusieurs professionnels de santé en coopération, pour assurer un soutien psychologique et un traitement médicamenteux si besoin ; celui-ci a pour objectif de soulager les symptômes de sevrage, réduire l’envie de fumer et prévenir les rechutes. Les traitements nicotiniques de substitution (TNS) sont à proposer en 1ère intention : timbres transdermiques (patchs) et/ou formes à absorption rapide : orales (gommes à mâcher, comprimés et pastilles à sucer, comprimés sublinguaux, spray buccaux) et inhaleurs. Certains professionnels utilisent l’équivalence suivante pour évaluer le dosage en début de traitement : 1 cigarette = 1 mg de nicotine. La combinaison d’un timbre transdermique et d’une forme de TNS à absorption rapide est plus efficace qu’une seule forme de TNS.

Avec le timbre transdermique, la nicotinémie est assez constante et l’observance plutôt bonne ; sa tolérance est optimisée par le changement quotidien du site d’application, ou le changement de marque. La gomme et les pastilles sont à sucer lentement et non à mâcher comme du chewing-gum ni à déglutir. Avec les sprays buccaux, il est recommandé de ne pas inhaler ni de déglutir lors de la pulvérisation, de s’abstenir de fumer au cours du traitement qui ne doit pas dépasser une durée de 6 mois. Enfin, les inhaleurs sont des dispositifs médicaux ; la fréquence des aspirations et leur intensité sont adaptés aux besoins, sans dépasser 12 cartouches par jour. A ne pas confondre avec les cigarettes électroniques, qui en l’état actuel des connaissances, ne sont pas recommandées pour l’arrêt du tabac. Toutefois, leur utilisation chez un fumeur qui a commencé à vapoter et voulant arrêter de fumer ne doit pas être découragée. De même pour l’acupuncture et l’hypnothérapie si le fumeur les considère comme utiles à sa démarche.
L’Assurance Maladie prend en charge, sur prescription médicale établie par un médecin ou une sage-femme, les TNS inscrits sur la liste des substituts nicotiniques remboursables, à hauteur de 50 € par année civile et par bénéficiaire (150 € pour les femmes enceintes et les jeunes âgés de 20 à 25 ans).
Les effets indésirables des TNS sont en grande majorité modérés et régressent rapidement après retrait du dispositif.

Enfin, en cas d’échec de ces mesures, le médecin pourra prescrire en 2e intention un traitement médicamenteux.
Signalons quelques sources d’informations et de documentation : la HAS (www.has-sante.fr) ; Tabac Info Service (www.tabac-info-service.fr) ; l’Office français de prévention du tabagisme (www.ofta-asso.fr) ; l’INPES (a href=”http://inpes.santepubliquefrance.fr/” target=”_blank”>www.inpes.sante.fr).

Véronique Canac

Haute Autorité de Santé. Actualisation du référentiel de pratiques de l’examen périodique de santé. Prévention et dépistage du diabète de type 2 et des maladies liées au diabète. Octobre 2014.

Haute Autorité de Santé. Service des maladies chroniques et dispositifs d’accompagnement des malades. Guide Parcours de soins. Diabète de type 2 de l’adulte. Mars 2014.

Haute Autorité de Santé. Service des bonnes pratiques professionnelles. Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premier recours. Octobre 2014.

Haute Autorité de Santé. Recommandation de bonne pratique. Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premiers recours. Octobre 2014.

Haute Autorité de Santé. Recommandation de bonne pratique. Arrêt de la consommation de tabac : du dépistage individuel au maintien de l’abstinence en premiers recours. Méthode Recommandation pour la pratique clinique. Recommandation. Mise à jour : octobre 2014.

Haute Autorité de Santé. Arrêter de fumer et ne pas rechuter : la recommandation 2014 de la HAS. Questions / Réponses : sevrage tabagique.

> Retour aux actualités