Une méthode unique pour les erreurs de prescription ?

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Les erreurs de prescription sont très fréquentes et seraient à l’origine de la moitié des admissions hospitalières. Certaines de ces erreurs peuvent avoir des conséquences graves quand elles concernent des médicaments à haut risque, tels les anticoagulants, l’insuline ou encore les opiacés ou les antipsychotiques. Il existe peu de données concernant les erreurs de prescription liées spécifiquement à ces médicaments à haut risque (notamment dans les hôpitaux). Pour obtenir des précisions sur ce sujet, une équipe du Royaume-Uni a entrepris une revue systématique de la littérature.

Les auteurs ont répertorié les publications traitant des erreurs de prescription dans les hôpitaux. Neuf études ont été retenues pour une méta-analyse, 4 concernaient uniquement des adultes, 3 des enfants et 2 ne précisaient pas l’âge des patients. La durée de recueil des données allait de 1 jour à 5 ans (la durée la plus fréquente étant de 2 ans), et ce recueil était réalisé de manière prospective dans 5 études et rétrospective dans les 4 autres.

La prévalence des erreurs apparaît comme seule mesure épidémiologique dans les études retenues, l’incidence n’a pu être calculée. Les auteurs notent d’entrée que la définition des erreurs de prescription varie d’une étude à l’autre. Les méthodes de recueil des données varient aussi considérablement : certaines erreurs étaient recensées dans les services hospitaliers par une équipe pluridisciplinaire ou des médecins, d’autres par les pharmaciens, ou encore par des assistants de recherche non professionnels de santé.

Ces différences méthodologiques font que la prévalence des erreurs varie selon les études retenues, de 0,24 à 89,6 erreurs de prescription pour 100 ordonnances de médicaments à haut risque. Les 3 incidences les plus élevées se retrouvent dans les ordonnances pédiatriques, de 89,6 %, 82 % et 52,6 % respectivement dans les 3 études concernées.
Les erreurs de dosage sont les plus fréquentes, concernant notamment les prescriptions d’opiacés. Mais, là encore, l’hétérogénéité prévaut en termes de définition de l’erreur et varie selon les auteurs, les définitions locales ou les habitudes de chaque spécialité. La définition de la gravité des erreurs n’est pas non plus homogène sur l’ensemble des études.

Les auteurs suggèrent que soit établie une méthodologie unique pour ce type d’étude, avec notamment une seule liste de médicaments à haut risque, une définition précise de l’erreur et un mode unique de repérage de celle-ci. Cela favoriserait l’obtention de résultats plus homogènes. L’analyse des causes de ces erreurs en serait sans doute aussi facilitée.

Dr Roseline Péluchon


Références : 
Alanazi MA et coll.: A systematic review of the prevalence and incidence of prescribing errors with high-risk medicines in hospitals. Journal of Clinicals Pharmacy and Therapeutics, 2016 ; 41 : 239-245.