Biopsie liquide et cancer de la prostate : immersion au cœur du profilage moléculaire
À retenir
- La biopsie liquide permet un profilage moléculaire à partir de l’ADN tumoral circulant.
- Dans le programme FRESH, elle concerne principalement les patients atteints d’un cancer métastatique actif.
- La biopsie liquide peut être utile lorsque le tissu tumoral est difficilement accessible ou insuffisant.
- Le panel utilisé analyse 324 gènes ainsi que plusieurs paramètres moléculaires.
- Le prélèvement sanguin peut être répété pour rechercher certaines altérations acquises au cours de la maladie.
- L’interprétation des résultats repose sur une expertise multidisciplinaire, notamment en RCP moléculaire.
- Le programme présenté n’est pas adapté à la recherche de maladie résiduelle minimale (MRD).
Lorsque le tissu tumoral est ancien, épuisé ou difficilement accessible, la biopsie liquide peut constituer une option pour réaliser un profilage moléculaire. À travers trois vidéos, les équipes de Gustave Roussy présentent le programme FRESH, de son intérêt clinique jusqu’à l’analyse de l’ADN tumoral circulant en laboratoire.
Quel intérêt de la biopsie liquide dans le cancer de la prostate métastatique ?
Dans le suivi d’un patient atteint d’un cancer de la prostate métastatique, le praticien se heurte parfois à des biopsies anciennes d’un point de vue prostatique, le matériel épuisé ou les métastases, notamment osseuses, difficiles à analyser.
Le programme FRESH permet de récupérer l’ADN tumoral circulant à partir d’une prise de sang puis de réaliser un profilage moléculaire. Le panel utilisé à Gustave Roussy analyse 324 gènes et fournit également plusieurs informations, dont le TMB, le statut MSI et la fraction tumorale.
Cette analyse peut contribuer à identifier des altérations susceptibles d’orienter la stratégie thérapeutique ou l’inclusion dans un essai clinique.
La biopsie liquide présente également l’avantage d’être non invasive et répétable. Elle peut ainsi être renouvelée au cours de la maladie pour rechercher certaines altérations acquises sous traitement, notamment des anomalies du récepteur aux androgènes.
Biopsie liquide et tissu : des approches complémentaires
La biopsie liquide ne remplace pas systématiquement l’analyse tissulaire.
Une biopsie tissulaire renseigne sur un site tumoral précis, tandis que l’ADN tumoral circulant peut refléter l’ADN relargué par plusieurs sites métastatiques. Il peut ainsi contribuer à mieux appréhender l’hétérogénéité tumorale.
Selon les résultats, une nouvelle biopsie tissulaire peut néanmoins être nécessaire pour compléter ou conforter les données obtenues.
L’interprétation doit également tenir compte d’éventuelles altérations liées à l’hématopoïèse clonale ou pouvant faire suspecter une origine constitutionnelle. Les échanges entre biologistes et cliniciens en RCP moléculaire sont donc essentiels pour replacer les résultats dans leur contexte.
Comment se déroule l’analyse en laboratoire ?
Dans l’immersion, le prélèvement repose sur deux tubes de 8 mL de sang. Après centrifugation et récupération du plasma, l’ADN est extrait puis quantifié.
Dans le protocole présenté, une quantité de 20 ng d’ADN est nécessaire pour engager l’échantillon dans la préparation de la librairie NGS. Après hybridation sur le panel de 324 gènes, l’échantillon est séquencé.
Le séquençage dure environ 44 heures et les équipes indiquent un délai global de rendu des résultats compris entre 10 et 15 jours.
Quelles sont les limites de ce programme ?
La quantité d’ADN tumoral circulant conditionne la capacité de détection. Le prélèvement est donc particulièrement adapté aux patients présentant une maladie métastatique active et peut être moins informatif lorsque la quantité d’ADN tumoral circulant est faible.
Les experts précisent également que le programme FRESH présenté dans les vidéos n’est pas suffisamment sensible pour rechercher une maladie résiduelle minimale après chirurgie.
FAQ
Elle est présentée dans l’immersion principalement chez les patients atteints d’un cancer métastatique actif, lorsqu’un profilage moléculaire peut contribuer à orienter leur prise en charge.
Pas systématiquement. Les deux approches sont complémentaires et peuvent apporter des informations moléculaires différentes.
Oui. Son caractère non invasif permet de renouveler le prélèvement afin de rechercher notamment certaines altérations acquises au cours de la maladie ou sous traitement.
La RCP permet de confronter les données biologiques et cliniques et notamment de distinguer certaines altérations tumorales de variants liés à une hématopoïèse clonale ou potentiellement constitutionnels.
Non. Dans le cadre présenté dans les vidéos, le programme FRESH n’est pas adapté à la recherche de MRD après chirurgie.