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Validation analytique des marquages IHC : les recommandations clés de 2024 décryptées


Dans le cadre de nos “Immersions“, nous nous sommes rendus dans le laboratoire d’anatomopathologie de l’Hôpital Saint-Joseph (Paris), où le Dr Julien Adam (pathologiste en centre privé) et le Dr Elisabeth Russ (pathologiste en centre privé) confrontent leurs pratiques autour de la validation analytique des marquages immunohistochimiques (IHC).

Un échange d’experts nourri par la mise à jour 2024 des recommandations du College of American Pathologists (CAP), qui vient renforcer les exigences de validation des tests, notamment pour les biomarqueurs prédictifs comme PD-L1.

Publiées initialement en 2014, ce guide vise à garantir une fiabilité analytique maximale en routine clinique, au service d’une médecine de précision plus rigoureuse et reproductible.

Les fondements d’une validation analytique conforme

Objectif de concordance minimal : 90 %

La CAP fixe un seuil de concordance analytique à ≥ 90 % entre le test validé localement et une méthode de référence. Ce taux, jugé parfois insuffisant pour les biomarqueurs prédictifs, peut être élevé à ≥ 95 % ou même 100 % à la discrétion du laboratoire.

Quelles références utiliser pour valider un test IHC ?

Cas nécessaires pour valider un test IHC

La sélection doit inclure des gradients d’expression représentatifs de la réalité clinique.

Quels types d’échantillons inclure dans la validation ?

Les recommandations n’imposent pas un type précis d’échantillon, mais préconisent d’utiliser des conditions pré-analytiques identiques à celles de la routine (biopsie, pièce opératoire, fixation formol, paraffine). La variabilité pré-analytique doit être représentée dans le jeu d’échantillons.

Quand et comment réaliser une revalidation ?

Focus : tests PD-L1 et multiplicité des scores

PD-L1 nécessite une validation indépendante pour chaque système de score (TPS, CPS…) et chaque organe cible (ex. : poumon, œsophage, estomac). Chaque protocole d’évaluation implique une démarche analytique spécifique.

Cas particuliers : échantillons décalcifiés et cytologie

Échantillons décalcifiés

L’usage d’échantillons décalcifiés en validation est laissé à l’appréciation du laboratoire. En cas de doute sur la fiabilité, une mention doit être ajoutée dans le compte-rendu clinique.

Cytologie

Lorsque les conditions de fixation diffèrent (alcool, milieu liquide…), une validation séparée est obligatoire. Il est recommandé de valider avec 10 à 20 cas positifs/négatifs selon le type de test.

Pour conclure sur la mise à jour des recommandation SAP 2024

Cette mise à jour des recommandations CAP 2024 impose un cadre plus structurant à la validation analytique des marquages IHC, en particulier pour les biomarqueurs prédictifs comme PD-L1. Elle responsabilise les laboratoires dans le choix des échantillons, dans la rigueur des protocoles, et dans l’adaptation des seuils de concordance aux enjeux cliniques.

Au-delà de ces exigences actuelles, les experts attirent l’attention sur l’analyse d’image, en plein essor, qui fera l’objet de futures recommandations spécifiques. Son intégration dans les pratiques nécessitera de maîtriser en amont toutes les étapes pré-analytiques déjà encadrées aujourd’hui.

Ce qu’il faut retenir