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ADN tumoral circulant et biopsie liquide : quels apports pour le suivi de la maladie et la décision thérapeutique en oncologie ?


À retenir

Les données présentées à l’ASCO confirment le rôle central de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) comme biomarqueur de maladie résiduelle minimale (MRD) et pronostique, tous cancers confondus.

La biopsie liquide repose sur l’analyse de cet ADN tumoral circulant, principalement à partir du plasma sanguin, et occupe désormais une place croissante à différents stades de la prise en charge des cancers.

Ses applications potentielles sont multiples :

Toutefois, les performances des tests reposant sur l’ADNtc dépendent de plusieurs facteurs biologiques et cliniques, notamment :

Tests « tumor-informed » et « tumor-agnostic » : deux approches complémentaires

Deux grandes approches technologiques coexistent aujourd’hui dans l’analyse de l’ADN tumoral circulant.

Les approches « tumor-agnostic »

Les tests « tumor-agnostic » reposent sur des panels standardisés ne nécessitant pas l’analyse préalable du tissu tumoral.

Ils présentent plusieurs avantages :

En revanche, leur sensibilité reste limitée, notamment pour la détection de la maladie résiduelle minimale.

Les approches « tumor-informed »

À l’inverse, les tests « tumor-informed » reposent sur le séquençage du génome tumoral du patient, permettant d’identifier des altérations spécifiques qui seront ensuite recherchées dans le plasma.

Cette stratégie offre :

Le projet MONSTAR-SCREEN-3 illustre la faisabilité de cette approche, avec un test « tumor-informed » permettant un suivi ultrasensible et individualisé de l’ADNtc après traitement.

Cependant, ces approches présentent certaines contraintes :

ADNtc et maladie résiduelle minimale : un marqueur pronostique majeur

Plusieurs travaux présentés à l’ASCO montrent que la détection de l’ADN tumoral circulant après traitement constitue un marqueur pronostique robuste.

Les résultats indiquent notamment que :

À l’inverse :

Ces observations, retrouvées dans plusieurs types tumoraux, soulignent l’intérêt du suivi longitudinal de l’ADNtc pour affiner la stratification des patients.

Biomarqueurs émergents de résistance à l’immunothérapie

Au-delà du suivi de la maladie résiduelle minimale, plusieurs travaux présentés à l’ASCO ont également identifié de nouveaux biomarqueurs associés à la résistance à l’immunothérapie néoadjuvante.

Une analyse complémentaire du programme AGEANT, basée sur le séquençage du génome entier, a comparé des patients présentant une maladie résiduelle après traitement avec ceux n’en présentant pas.

Les résultats montrent que les patients avec maladie résiduelle persistante présentent plus fréquemment :

L’association des mutations KEAP1 et KMT2C apparaît particulièrement prédictive d’une absence de réponse à l’immunothérapie néoadjuvante et d’une persistance de la maladie résiduelle.

Ces résultats restent exploratoires, mais suggèrent que l’identification de ces profils moléculaires pourrait permettre :

Limites actuelles et perspectives technologiques

Malgré son potentiel, l’utilisation clinique de l’ADNtc soulève encore plusieurs questions.

En pratique, la clairance de l’ADNtc après chirurgie est généralement évaluée entre 4 et 6 semaines, puis de façon répétée au cours du suivi.

Toutefois, son utilisation pour ajuster les stratégies néoadjuvantes ou adjuvantes reste à préciser, l’évaluation de la réponse pathologique demeurant actuellement le standard de référence.

Plusieurs pistes technologiques sont en cours de développement pour améliorer les performances des tests :

Par ailleurs, de nouveaux biomarqueurs sont à l’étude, notamment :

L’intégration de ces outils en pratique clinique nécessitera néanmoins de relever plusieurs défis techniques, économiques et réglementaires.

FAQ

L’ADN tumoral circulant correspond à des fragments d’ADN issus des cellules tumorales et présents dans la circulation sanguine. Il peut être détecté à partir d’un prélèvement sanguin dans le cadre d’une biopsie liquide.

La biopsie liquide peut être utilisée dans plusieurs situations : absence de tissu tumoral au diagnostic, suivi de la réponse aux traitements, détection de maladie résiduelle minimale après chirurgie, identification de rechute ou analyse de mécanismes de résistance.

Les tests « tumor-agnostic » utilisent des panels standardisés sans analyse préalable du tissu tumoral, tandis que les tests « tumor-informed » nécessitent l’identification préalable des mutations spécifiques de la tumeur du patient, sur prélèvement tissulaire, afin d’assurer un suivi personnalisé.

Non. À ce jour, l’évaluation de la réponse pathologique reste le standard de référence pour juger de l’efficacité d’un traitement néoadjuvant, même si l’ADNtc apparaît comme un biomarqueur prometteur.

Certaines altérations moléculaires, notamment des gènes KEAP1, STK11, SMARCA4 et KMT2C, sont associées à une persistance de maladie résiduelle et pourraient être impliquées dans la résistance à l’immunothérapie.

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