Cassons les idées reçues : testez vos connaissances sur la soutenabilité
Le rôle des médicaments dans le déficit de la Sécurité Sociale, la transparence et les négociations des prix… Autant de sujets qui suscitent des idées reçues, parfois tenaces.
Pour y voir plus clair, le Pr Péron (PU-PH, Oncologue Médical aux Hospices Civiles de Lyon) et le Dr Favier (pharmacien, responsable du département de Pharmacie Oncologique du centre Léon Bérard à Lyon) vous proposent une série de 5 capsules vidéo. Ensemble, ils démêlent le vrai du faux et apportent un éclairage sur les enjeux de soutenabilité du système de santé.
Les dépenses des médicaments sont majoritairement responsables du déficit de la Sécurité Sociale.
Vrai ou faux ?
Faux
Les dépenses liées aux produits de santé : une part maîtrisée du budget de l’assurance maladie1
Les dépenses associées aux produits de santé ne représentent que 16 % du total des dépenses de l’Assurance Maladie. Ce chiffre montre que ce poste n’est pas le principal contributeur aux dépenses de santé, et ne peut donc être considéré comme la cause principale du déficit de l’Assurance Maladie. Par ailleurs, ce poste de dépenses a été particulièrement bien maîtrisé ces dernières années. Il convient toutefois de s’interroger sur son évolution future.
Il est possible pour les professionnels de santé de comparer le prix des molécules.
Vrai ou faux ?
Faux
Une transparence limitée sur le prix des médicaments à l’hôpital2
Le prix réel des médicaments n’est connu ni des hospitaliers, ni du grand public.
En effet, ces prix font l’objet de négociations spécifiques entre le prix public facial et le vrai prix net supporté par collectivité qui est confidentiel.
Pour illustrer cela, on peut se référer aux dépenses liées aux médicaments de la « liste en sus ».
Selon le rapport de la Cour des comptes publié en mai 2024, les dépenses globales pour l’année 2022 s’élevaient à 6 milliards d’euros, tous secteurs confondus (public et privé). Toutefois, la dépense nette était bien inférieure, à un peu de 2 milliards d’euros. Cette différence rend impossible toute comparaison fiable entre les prix de deux médicaments.
Le médicament est le premier levier de maîtrise des dépenses de santé.
Vrai ou faux ?
Vrai !
Le médicament : un levier majeur d’économie pour l’Assurance Maladie3
Bien que les médicaments ne représentent que 9 % des dépenses globales de soins, ils constituent pourtant le principal levier d’économies pour l’Assurance Maladie. Cette situation s’explique par les nombreuses remises versées par les industriels à l’Assurance Maladie.
Ainsi, les médicaments ont généré 37 % des économies réalisées par l’Assurance Maladie, ce qui souligne leur rôle stratégique dans la maîtrise des dépenses de santé.
L’Assurance Maladie est présente et/ou représentée dans les négociations des prix de vente des médicaments.
Vrai ou faux ?
Vrai !
Le rôle du CEPS dans la fixation des prix des médicaments4
La fixation des prix des médicaments et des éventuelles remises associées relève du Comité Économique des Produits de Santé (CEPS), placé sous la tutelle du ministère de la Santé. Ce comité regroupe notamment des représentants de la Direction de la sécurité sociale et de la Caisse nationale d’Assurance Maladie.
On peut donc considérer que la Sécurité Sociale, en collaboration avec les industriels du médicament, joue un rôle central dans la détermination des prix des médicaments en France.
Le prix affiché des médicaments est le vrai prix payé par l’Assurance Maladie.
Vrai ou faux ?
Faux
Une différence significative entre le prix affiché et le prix réel des médicaments5
Contrairement à une idée reçue, le prix facial des médicaments, c’est-à-dire leur prix public, ne correspond pas au montant réellement payé par l’Assurance Maladie. Cette différence, souvent méconnue, s’explique par deux principaux mécanismes :
Les remises : négociées entre les industriels du médicament et l’Assurance maladie, elles prennent plusieurs formes et permettent de réduire significativement le coût réel des traitements.
La clause de sauvegarde : assimilable à une taxe, elle s’applique lorsque les dépenses de médicaments dépassent un seuil prédéfini. Elle est calculée sur le chiffre d’affaires des industriels.
Ces mécanismes contribuent à rendre le prix réel des médicaments confidentiel, y compris pour ceux disponibles en accès dérogatoire.
- Rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité Sociale. Cour des comptes. Mai 2025. Disponible en ligne sur : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-05/20250526-RALFSS-2025_0.pdf [Consulté le 24/11/2025].
- Comité Economique des Produits de Santé. Rapport d’activité 2023. publié en mai 2025. Disponible en ligne sur : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/ceps_ra2023-2.pdf [Consulté le 24/11/2025].
- LOI n°2022-1616 du 23 décembre 2022 de financement de la Sécurité Sociale pour 2023. Disponible en ligne sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046791754 [Consulté le 24/11/2025].
- Comité Economique des Produits de Santé. Rapport d’activité 2023. publié en mai 2025. Disponible en ligne sur : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/ceps_ra2023-2.pdf [Consulté le 24/11/2025].
- LOI n°2022-1616 du 23 décembre 2022 de financement de la Sécurité Sociale pour 2023. Disponible en ligne sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046791754 [Consulté le 24/11/2025].
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Soutenabilité : Pr Péron et Dr Favier partagent leur expertise
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